La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ?
Déjà posée dans le magazine Marianne en mars 1998, la question - souvent posée - "La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ?" est au coeur d'un article publié sur le site MwindaPress et signé Jean-Louis Mweti-Loubouétété, Franc-maçon congolais.
Cet article (repris également sur le site du Centre Roger Ikor ou CCMM) a évidemment suscité bien des commentaires. Ceux-ci portent sur l'apport ou non de la Franc-Maçonnerie en Afrique en général et au Congo en particulier et sur la personnalité et les agissements de Grands Maîtres.
La question "La Franc-Maçonnerie est-elle une secte ?" trouve également réponse (négative) sur le site de la Grande Loge Régulière de Belgique, celui de l'Unione Massonica di Stretta Osservanza Iniziatica, le site de la Loge du Grand Orient de France La Table d'Emeraude ou de la Loge suisse Tradition, le site Franc-Maçonnerie Française, sur le site personnel Les Francs-Maçons, dans le Blog d'un Franc-Maçon. Ou encore dans le site Infosectes.com.
La réponse à la question est positive dans un article de Daniel Louvet ou dans la page consacrée à "Franc-maçonnerie et satanisme".
La question agite ou a agité des forums comme le Forum Zététique, celui des Chiennes de Garde ou de Doctissimo !
La question "La franc-maçonnerie est-elle une secte ?" a aussi fait l'objet d'un sondage (avec peu de réponses) sur le Forum Francophone de Politique, d'Idéologies et d'Idées diverses.
Il existe de nombreuses définitions des sectes. En France, le rapport de la Commission d'enquête de l'Assemblée Nationale (adopté le 20 décembre 1995) avait retenu les critères des Renseignements Généraux (p. 13) : "Parmi les indices permettent de supposer l'éventuelle réalité de soupçons conduisant à qualifier de secte un mouvement se présentant comme religieux elle a retenu, faisant siens les critères utilisés par les Renseignements généraux dans les analyses du phénomène sectaire auxquelles procède ce service et qui ont été portées à la connaissance de la Commission :
- la déstabilisation mentale
- le caractère exorbitant des exigences financières
- la rupture induite avec l'environnement d'origine
- les atteintes à l'intégrité physique
- l'embrigadement des enfants
- le discours plus ou moins anti-social
- les troubles à l'ordre public
- l'importance des démêlés judiciaires
- l'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels
- les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics
Votre Commission insiste sur le fait que, la définition des sectes s'avérant à bien des égards difficile elle a conduit ses travaux en se gardant de faire sienne les définitions des sectes proposée par ses interlocuteurs par nature engagés, à un titre ou à un autre, dans la promotion des nouvelles religions ou dans la lutte contre leurs excès réels ou supposés.
Elle a été consciente que ni la nouveauté, ni le petit nombre d'adeptes, ni même l'excentricité ne pouvaient être retenus comme critères permettant de qualifier de secte un mouvement se prétendant religieux : les plus grandes religions contemporaines ne furent souvent, à leurs débuts, que des sectes au nombre d'adeptes réduit ; bien des rites établis et socialement admis aujourd'hui ont pu à l'origine susciter des réserves ou des oppositions."
En Belgique où a été créé un Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles, (www.ciaosn.be), la loi du 2 juin 1998 entend par "organisation sectaire nuisible" "tout
groupement à vocation philosophie ou religieuse, ou se prétendant tel,
qui,dans son organisation ou sa pratique, se livre à des activités
illégales dommageables,nuit aux individus ou à la société ou porte
atteinte à la dignité humaine".
Pour qui en douterait, il est donc clair que "la" Franc-Maçonnerie "traditionnelle" (à ne pas confondre avec des groupes pseudo-maçonniques où il convient de "séparer le bon grain de l'ivraie") n'est pas une secte ou, selon la terminologie belge, un groupe sectaire nuisible.