Blog Maçonnique - Première version

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09 août 2006

La Grande Loge Rectifiée de France

La Grande Loge Régulière de France ou GLRF (glrf.free.fr) doit être distinguée de la Grande Loge Régulière Française (GLRF). Elle dispose d'un site web ouvert au public depuis le 1er septembre 2002. En page d'accueil : les contacts avec le webmaster, le secrétaire ou pour obtenir des informations ainsi qu'un lien vers le "communiqué n°1". Ce sera d'ailleurs le seul communiqué et la seule information sur ce site web.

Ce communiqué indique que, le 20 mai 2002, "en la fête de la Pentecôte", s’est tenu à Versailles, la 1re Assemblée constitutive de la Grande Loge Rectifiée de France, sous les "hospices" (note : auspices) de l’Association Européenne du Régime Ecossais Rectifié.

La Grande Loge Rectifiée de France reconnaît comme textes fondamentaux d’une part, le Code maçonnique des loges réunies et rectifiées de 1778 (note : ce code peut être consulté sur le site du Grand Prieuré Ecossais Réformé et Rectifié d'Occitanie) et, d’autre part, les principes du Régime Ecossais Rectifié (RER), constitué lors du Convent de Kohlo en 1772 , réformé au Convent des Gaules, à Lyon en 1778 et adopté au Convent International de Wilhemsbad de 1782.

Selon la GLRF, 3 loges rectifiées "qui avaient été régulièrement fondées, munies de lettres-patentes et installées par la Grande Loge Nationale Française (GLNF) ont décidé, après un vote souverain des Maîtres de leur atelier, conforme au Code de 1778, de rallier la Grande Loge Rectifiée de France, lui conférant ainsi une "régularité d’origine" incontestable".

Ces premières Loges auraient été rejointes par plusieurs loges rectifiées, appartenant à différents Orients, qui auraient "demandé à être "réunies et rectifiées" afin de pouvoir travailler de façon régulière selon la Règle Maçonnique Rectifiée et selon une véritable application du Code de 1778". Le site web de la GLRF ne mentionne cependant pas le nombre actuel de Loges, leur localisation ou le nombre de membres.

La Grande Loge Rectifiée de France remplirait "les 8 critères de régularité définis par la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929 et déclare en outre respecter la Déclaration commune de 1949, "Aims and Relationships of the Craft", vis-à-vis des anciens Landmarks de la Franc-Maçonnerie de Tradition".

Le communiqué se conclut ainsi : "Voulant redonner au Rite Ecossais Rectifié, rite chrétien mais ouvert à la visite de tout franc-maçon régulier, la place qui lui revient, la Grande Loge Rectifiée de France entend travailler au rassemblement des autres Grandes Loges régulières, en vue de bâtir sur une base fédérale et fraternelle, les "Grandes Loges Unies de France"."


Posté par jiripragman à 07:00 - Sites de Loge ou d'Obédience - Commentaires [18] - Permalien [#]

Commentaires

    Divisions, divisions...plus pur que moi tu meurs..

    Ce phénomène est totalement incompréhensible dans la famille "regulière" puisque justement, cette régularité tient a la reconnaissance par la GLUA. Reconnaissance accordée à 1 seule obédience par pays. Que cherchent donc ces maçons qui quittent la GLNF ? l'isolement total ?

    Posté par Fox, 09 août 2006 à 11:58
  • Incompréhensible.

    De toute façon, cette "régularité" ne servira pas a grand chose.

    Vu de l'extérieur de la France ce débat est incompréhensible...

    Posté par René, 09 août 2006 à 13:50
  • Oui, mais ces GL reconnaissent elles les autres maçons ?

    Posté par Fox, 09 août 2006 à 17:24
  • Adhérence exotérique exigée?

    Étant donné l'incompatibilité entre la FM et la foi chrétienne affirmée par les plus importantes églises chrétiennes, voir

    http://hiram.canalblog.com/archives/2006/07/08/2251637.html#comments

    comment explique-t-on, comme il semble, que certaines obédiences FM exigent (encore), au moins pour certains grades, l'adhérence exotérique des candidats à une foi trinitaire chrétienne? Est-ce le cas pour le RER? En cas de non-appartenance, le candidat, doit-il d'abord déposer sa demande d'admission à une église trinitaire chrétienne?

    Ne serait-il plus cohérent d'examiner l'aptitude des candidats à (re)connaître la universalité de certains symboles considérés comme "liés" à certaines traditions théologiques particulières, par example croix, hexagramme, plume et tablette, colonne?

    Pareilles exigences d'adhérence exotérique, indiquent-elles une certaine incapacité de distinguer nettement entre perspectives exotérique et ésotérique? Et donc de la volonté d'appliquer l'exotérisme à l'intérieur du temple?

    Posté par xul, 09 août 2006 à 19:27
  • Mon petit grain de sel

    En tant que profane (et nos amis Maçons viendront confirmer ou infirmer), je me suis laisser dire que l'exigence en la croyance en dieu, ou, dans le cas présent, en la foi chrétienne était tout de même quelque chose d'assez "large"...Certains Maçons m'ont dit que ce principe revenait la plupart du temps à dire :
    "le candidat doit accepter que la Loge ou l'Obédience revendique la foi en dieu".

    ...Ce qui est totalement différent"

    Posté par YACK, 09 août 2006 à 23:24
  • >Étant donné l'incompatibilité entre la FM et la foi
    >chrétienne affirmée par les plus importantes
    >églises chrétiennes,

    Ce sont les eglises qui le disent, pas la FM. En quoi ces eglises auraient-elles le droit de dicter à la FM ce qu'elle doit faire ?
    les eglises n'ont pas le monopole de la spiritualité et Dieu n'est pas une marque déposée.

    Posté par Fox, 10 août 2006 à 11:11
  • R E R

    Tout d'abord, un fait est patent, le RER sombre dans les divisions, les dissidences, les bagarres du style "c'est moi qui ai les patentes, c'est pas toi" - "c'est moi qui suis régulier, na!". En Belgique la Grande Loge Rectifiée pour la Belg. n'existe plus. Des FF.°. sont partis pour la France, d'autres se réunissent en loges indépendantes. La GLERB n'a jamais exigé la croyance en Dieu. Elle reconnaisait les autres obédiences et jouissait d'une bonne réputation. Il reste à ma connaissance une loge de la GLST Opéra, dans la région bruxelloise, deux indépendantes en Flandre, une dans la région namuroise. En France c'est "la totoye" la plus totale, le nombre Grands prieurés sera bientôt égal à celui des FF.°.
    Le protestant que je suis est d'accord avec Fox, les Eglises n'ont pas le monopole de la spiritualité. Les protestants ont ceci de commun avec les maçons : quand ils sont plus de trois il y en a un qui s'en va et crée une obédience (ou une Eglise)...

    Posté par Jacques Cécius, 10 août 2006 à 16:46
  • Supposons que ...

    Supposons qu'un candidat d'appartenance religieuse hindoue frappe à la porte d'une loge RER et demande d'être initié au grade d'apprenti. Supposons qu'il remplisse toutes les conditions sauf de ne pas être de religion exotérique chrétienne trinitaire.

    La loge du RER va-t-elle:

    1. refuser simplement la candidature?

    2. demander au candidat de se faire baptiser et de soumettre un certificat de baptême d'une église chrétienne trinitaire?

    3. admettre la candidature si elle trouve le candidat capable d'apprécier certains symboles utilisés en chrétianisme trinitaire, par example la croix?

    Supposons que la Loge opte pour 2 et que le candidat s'adresse ensuite à l'église catholique romaine la plus proche, disant en toute franchise au prêtre que sa démarche est motivée par son désir d'entrer en FM. Le prêtre refuse par conséquent de baptiser le candidat.

    Celui-ci se renseigne et pose sa candidature auprès d'une loge du REAA, qui l'accepte. Trois ans plus tard notre cher frère de religion hindoue est devenu M FM et visite ensuite la Loge RER sans entrave.

    Cohérent?

    Posté par xul, 10 août 2006 à 19:52
  • Va savoir ! !

    Toutes les observations sur la régularité, qui n'a rien à voir avec la reconnaissance "anglaise" à quel titre d'ailleurs, l'angleterre reconnait-elle ou ne reconnait-elle pas les uns et les autres ? Si vous croyez encore que la F.M est née ex nihilo nihil, en angleterre avec l'affidé Anderson aux ordres de Elisabeth 1°, il vous faut tout remettre à plat, et revoir ailleur que le bla bla bla que l'on sert au "boeufs" depuis 150 ans ! !
    Toutes les questions - dont la derniére sous les yeux - montrent bien que les questionneurs ne connaissent rien à la vraie F.M, la Chrétienne, dont l'initiation et seulement l'initiation (d'initiare : mettre sur la voie) est donnée dans les loges bleues du RER. et un peu au Rite français.
    Le MM hindoue, certes est devenu F.M au REAA, rite au mieux Deiste et plus généralement des Loges où se rassemblent des fréres tout à fait honorables, de gens aussi tout à fait respectables mais pour la plus grande part incroyants pour ne pas dire athée - même dans ses hauts grades, ET ce MM certes frére, n'aura rien connu ni ne connaitra rien de la finalité du Rite Ecossais Rectifié ! Voilà ! Mais comme disait qui vous savez " il y a beaucoup de deumeures dans la maison de mon Père" et chacun reste dans celle qui lui convient le mieux et où eventuellement il trouve à la mesure de SA recherche !
    Enfin et pour terminer : l'ancien Grand Mâitre de la GLNF - ...et Dieu sait... ! - Jean MONS a été religieusement rendu à son Créateur au cours d'une céremonie dans l'Abbaye du Mont Saint-Michel lors d'une Messe Chrétienne concélébrée par le Reverend Pére Riquet Fondateur du Secours Catholique, Predicateur à Notre Dame de Paris,l'Abbé Pierre et le Père Abbé de l'Abbaye ! ALLEZ DONC SAVOIR ! ! ou plutôt allez donc REVOIR VOS BASES ! Bien à vous chers FF.

    Posté par Loulou, 12 août 2006 à 13:41
  • Réponse à Loulou

    Le RER dont vous parlez, cher ami, est celui pratiqué à la GLNF, Grand prieuré des Gaules. D'autres Grands prieurés exsistent, qui n'exigent nullement l'adhésion au christianisme, pas plus qu'à un autre "exotérisme". A propos, il faut insister sur le fait qu'il n'existe aucun ésotérisme chrétien, hormis fariboles et calembredaines du style Guénon!

    Posté par Jacques Cécius, 12 août 2006 à 21:55
  • réponse à jacques

    J'ai demissionné de la GLNF le en 2000 ... pour certaines raisons, qui venant s'ajouter à d'autres - en particulier le désir de certains TRF de supprimer le terme de "chrétien" des rituels du RER - m'empechaient d'y rester. Depuis le 10 juin 2000 le différent porté en justice fait qu'il n'y a plus rien de commun entre la GLNF et le GPDG. J'ai été exclu du GPDG pour ne pas cautionner certaines deviances que je considerai et considére toujours comme sectaires.Oui bien sùr ... il ya des d'autres Prieurés ... le tout est de savoir s'ils ont quelque bonne raison (au singulier à defaut du pluriel)de porter ce titre ! Le grand Robert donne : Prieur, père prieur ".
    "Supérieur, supérieure de certains couvents (dits prieurés). Alors oui ! c'es vrai : il ya les Camemberts du Prieuré; les liqueures des Moines du Prieuré; Le sirop de jouvence du prieuré de l'Abbé Soury pour les constipés ; les confitures de pruneau des Soeurs du Prieuré d'Agen pour les même mais plus atteints et cetera ... je ne les connais pas tous ...mais en cherchant sur GOOGEL vous trouverez surement de quoi remedier à tous ces maux en tapant "Prieuré" avec ou sans majuscule ...
    Sur Guenon : je vous cite : " A propos, il faut insister sur le fait qu'il n'existe aucun ésotérisme chrétien, hormis fariboles et calembredaines du style Guénon!" Mon pOOOvre ami !
    Vous avez le droit de le penser et même de l'écrire ! pourquoi pas ? Mon grand-père disait : le papier c'est un bon mulet, on peut tout lui mettre sur le dos, il ne dit jamais rien ! MAIS prennez garde de passer pour un ignare ...( doux euphemisme ! !) vis à vis d'une quand même grande partie de gens initiés au sens large du terme, ou tout simplement autorisés ET pas seulement chrétiens, puisque informé comme vous l'étes vous savez bien sûr que Guenon s'est converti au Soufisme - en passant par l'Islam ! !
    Bien amicalement.

    Posté par Cher jacques, 15 août 2006 à 18:25
  • Théologie en FM? Initié = inconvertissable?

    Vouloir appliquer de vues théologiques en FM, n'est-ce pas une indication d'une réalisation encore insuffisante des différences entre perspectives "exotérique" et "ésotérique"? Celui qui connait vraiment cette dernière devient "inconvertissable" dans un sens supra-théologique.

    Mais, pour mieux éclairer certaines notions dans ce domaine, lassons parler René Guénon lui-même (lettre du 27 août 1947 à Alain Daniélou, à la page 33, La Corrispondenza fra Alain Daniélou e René Guénon 1947-1950, chez Leo S. Olschki, Florence, 2002):

    "... quiconque a conscience de l'unité essentielle des traditions est par là même 'inconvertissable' à quoi que ce soit, et il est même le seul qui le soit; mais il peut 's'installer', s'il est permis de s'exprimer ainsi, dans telle ou telle tradition suivant les circonstances, et surtout pour des raisons d'ordre initiatique."

    Posté par xul, 16 août 2006 à 09:49
  • réponse à Cher Jacques

    Cher ami,
    Guénon? Un grand comique qui fut occultiste- nécromancien, anti-nécromancien (cf "L'erreur spirite"),néo-templier, anti-occultiste, martiniste, anti-martiniste, maçon, anti-maçon, chrétien, musulman, sympathisant de l'Action française, bref, un frégoli de la spiritualité, d'un orgueil rare, qui a pêché une partie de ses théories fumeuses chez Blavatski, ce qui ne l'a pas ampêché de la combattre par après (cf "Le théosophisme"). C'est l'exemple type de l'individu instable, écrivain au style ampoulé et prétentieux. Sa devise : "Je sais, moi!".
    Sans rancune.

    Posté par Jacques Cécius, 17 août 2006 à 18:17
  • Polémique - et en suite?

    À M. Jacques Cécius

    Polémiquer n'est pas chose très facile, soit. Vous semblez néanmoins confondre "instabilité" et "universalité".

    Mais lesquelles seraient vos réponses lucides aux arguments expliqués par René Guénon dans ses oeuvres "L'erreur spirite" et "Le théosophisme, Histoire d'une pseudo-religion" que vous mentionnez?

    Et dans le contexte de la validité traditionnelle du christianisme trinitaire exotérique comme appui symbolique possible du travail initiatique FM, n'est-elle pas beaucoup plus confirmée par RG que par les "occultistes" et les "théosophistes"?

    Posté par xul, 19 août 2006 à 12:05
  • réponse à xul

    Cher ami,
    Guénon qui, je rappelle encore une fois, flirta avec le fascisme français, est-il le mieux placé pour parler de la validité du christianisme exotérique, lui qui s'est converti à l'Islam, lequel nie avec force une quelconque Trinité? Il est vrai que toute sa vie est faite de contradictions. Le FF.°. Amadou a écrit dans une revue "A quand un ouvrage sur "l'erreur guénonienne"?". A propos du livre de R.G. sur "le théosophisme" (je précise que je ne suis pas théosophe mais protestant), Guénon fut bien ingrat, car c'est chez Blavatski qu'il pêcha des idées farfelues comme "le centre du monde", etc. Il le fut envers le spiritisme (je ne suis pas spirite), puisqu'il pratiqua la nécromancie dans le cadre d'une organisation neo-templière. Peut être les esprits lui en veulent-ils... Rappelons nous aussi son mépris pour la Réforme et les Lumières. Rassurez-vous j'ai lu quasiment la totalité de son oeuvre, et lorsque le soir je ne parviens pas à m'endormir, je parcours l'un ou l'autre de ses ouvrages. C'est encore le meilleur des soporifiques... Sa prétention me fatigue.

    Posté par Jacques Cécius, 20 août 2006 à 09:04
  • réponse à cher Jacques

    Quand j'ai écrit que R.G s'était "converti" à l'Islam c'etait evidemment pour eviter d'avoir à entrer dans une analyse fine du sujet, et sur la notion "d'installation' dans une doctrine . Vous le citez vous-même : copié/collé :
    Mais, pour mieux éclairer certaines notions dans ce domaine, lassons parler René Guénon lui-même (lettre du 27 août 1947 à Alain Daniélou, à la page 33, La Corrispondenza fra Alain Daniélou e René Guénon 1947-1950, chez Leo S. Olschki, Florence, 2002):

    "... quiconque a conscience de l'unité essentielle des traditions est par là même 'inconvertissable' à quoi que ce soit, et il est même le seul qui le soit; mais il peut 's'installer', s'il est permis de s'exprimer ainsi, dans telle ou telle tradition suivant les circonstances, et surtout pour des raisons d'ordre initiatique."

    Ajouter à vos commentaires que Guenon a flirté avec la fashisme français ... c'est un peu vite dit ! vous avez des écrits ?

    Que Guenon vous "fatigue" pourquoi pas ? il n'est peut-étre pas très accessible ...je vous l'accorde volontier !

    Enfin une revue sérieuse ecrit sur ce sujet ce qui est rapporté ci-dessous et que je vous invite à lire. On peut ne pas aimer Guenon .. on peut trouver qu'il est soporifique ... c'est le droit de tout un chacun ; mais on ne peut pas écrire tout et n'importe quoi sur lui, dans la mesure au moins ou il est reconnu pour tout autre chose qu'un idiot par pas mal de braves gens !

    Citation ci dessous : copié/collé :

    Esotérisme, occultisme, théosophie
    C’est par un grave abus de langage que les mots «ésotérisme» et «occultisme» se trouvent si volontiers confondus de nos jours. Occultisme est un néologisme, forgé au début du XlXe siècle par Éliphas Lévi (de son vrai nom Alphonse-Louis Constant). Comment définir la différence majeure entre les deux termes? Qui dit ésotérisme sous-entendrait ipso facto l’indissociable complémentarité des formes «exotériques» traditionnelles et des vérités profondes qui prennent appui sur celles-ci; l’occultisme se pose, au contraire, comme une sorte de totale «laïcisation» de l’occulte, comme une révélation des grands secrets indépendamment de tout rattachement traditionnel valable, ou même en jugeant nuisible celui-ci. Dès l’article qu’il fit paraître en 1909 dans l’éphémère revue La Gnose Guénon considérait l’attitude «occultiste» comme révélatrice d’un matérialisme inavoué, et même inaperçu de ses fervents: «Le tort de la plupart de ces doctrines soit-disant spiritualistes, c’est de n’être que du matérialisme transposé sur un autre plan et de vouloir appliquer au domaine de l’esprit les méthodes que la science ordinaire emploie pour étudier le monde hylique (celui de la matière). Ces méthodes expérimentales ne feront jamais connaître autre chose que de simples phénomènes, sur lesquels il est impossible d’édifier une théorie métaphysique quelconque, car un principe universel ne peut pas s’inférer de faits particuliers. D’ailleurs, la prétention d’acquérir la connaissance du monde spirituel par des moyens matériels est évidemment absurde; cette connaissance, c’est en nous-même seulement que nous pouvons en trouver les principes, et non pas dans les objets extérieurs.»

    Guénon, ainsi que ses disciples, s’en prend tout spécialement au spiritisme , ainsi qu’au «théosophisme», expression forgée par lui pour désigner les enseignements de Mme Blavatsky (1831-1891). Il y voit «un mélange confus de néo-platonisme, de gnosticisme, de kabbale judaïque, d’hermétisme et d’occultisme, le tout groupé tant bien que mal autour de deux ou trois idées qui, qu’on le veuille ou non, sont d’origine toute moderne et purement occidentale». Guénon distingue ces enseignements «théosophiques» des révélations de l’ancienne théosophie , celle qui, musulmane ou chrétienne, se trouvait fermement rattachée aux formes religieuses traditionnelles dont elle visait à révéler le noyau, le coeur. On trouve une illustration de la véritable attitude théosophique, telle qu’elle
    est reconnue par la «métaphysique traditionnelle», tout au début du premier paragraphe d’un traité musulman, Le Livre des sources : «Gloire àDieu dont la sacro-sainteté transcende toutes les qualifications de ce que l’instauration primordiale (ibd~ ) a produit à l’être; qui reste au-delà des caractérisations tombant au pouvoir des mots et de l’audition; qui surpasse par l’absurdité de son unité toute représentation qui le saisisse; qui par la puissance de son verbe reste au-delà de toute typification qui le définisse et le décrive.»

    Sur un manuscrit du Sci vias de sainte Hildegarde de Bingen, datant de la fin du Xlle siècle, une miniature représente l’illumination de la moniale bénédictine sous la forme de cinq flammes qui tombent sur sa tête; l’illustrateur désigne ainsi ce qu’il a voulu montrer: «la splendeur du feu qui vint du ciel ouvert pénétrer son cerveau et embraser son coeur». L’ésotérisme non seulement admet, mais suppose l’établissement par la connaissance d’un tel lien concret de l’âme avec le Divin. Il s’agirait donc bien de l’acquisition d’une théosophie, au sens étymologique du terme, d’une «science de Dieu» (theos-sophia).

    2. Postulats et structures de la «métaphysique traditionnelle»
    René Guénon, codificateur de l’ésotérisme doctrinal
    Si l’ésotérisme lui-même apparaît comme un ensemble d’attitudes dont l’historique nous ferait remonter, en fait, très loin dans le temps, c’est au philosophe français René Guénon (1886-1951) qu’on doit une codification méthodique et précise de ses principes directeurs et de son champ d’application, grâce à un effort acharné pour distinguer la «métaphysique traditionnelle» de ce qu’on aurait eu que trop tendance àconfondre avec elle. René Guénon, né à Blois, d’une famille de bonne bourgeoisie catholique, avait commencé par faire des études universitaires de mathématiques, mais pour les interrompre deux ans plus tard afin de se consacrer désormais aux recherches spirituelles. Il est d’abord tenté, tout jeune, par l’ordre martiniste de Papus, par l’Église gnostique «ressuscitée» grâce à Fabre des Essarts, par une organisation qui se réclamait de la survivance secrète de l’ordre du Temple. Mais, vite déçu par l’«occultisme» du Paris de la Belle Époque, il se lie d’amitié avec les représentants de trois formes de l’ésotérisme traditionnel: Louis Champrenaud, Parisien converti à l’islam (sous le nom d’Abdul Haqq);

    Albert de Pouvourville, qui, lors d’un séjour prolongé au Tonkin, avait reçu l’initiation taoïste (et pris alors le nom spirituel de Matgioï, sous lequel il publiera ses ouvrages et articles); enfin, des hindous adeptes de la philosophie ved~ntine et dont l’identité n’a pas encore été révélée.

    L’an 1329 de l’hégire (c’est-à-dire 1912 du calendrier chrétien), Guénon reçoit l’initiation soufie, d’un instructeur nord-africain, le cheikh Abder-Rahman Elish el-Kebir el-Alim el-Malki el-Maghribi. En 1912 également, René Guénon adhère à la loge maçonnique Thebah, l’un des ateliers les plus traditionalistes rattachés à la Grande Loge de France. Peu après la guerre de 1914-1918, Guénon aura aussi des contacts avec L. Charbonneau-Lassay, auteur du Bestiaire du Christ et sans doute membre d’un groupe très fermé qui se réclamait d’un ésotérisme catholique. En 1925, P. Chacornac confie à Guénon la direction de la revue Le Voile d’lsis qui, complètement transformée selon les perspectives traditionalistes, deviendra en 1935 les Études traditionnelles . Le 20 février 1930, Guénon s’installe au Caire où, jusqu’à sa mort, il vivra l’existence simple et réglée d’un musulman dévot, tout en maintenant de constants rapports épistolaires avec Paris et bien des pays du monde.

    Posté par Cher jacques, 21 août 2006 à 21:49
  • Des preuves, Cher Jacques.

    Guénon fut l'ami intime du fasciste et antisémite Léon Daudet. Il collabora à la revue anti-maçonnique "Revue internationale des cociétés secrètes" organe de la "Ligue franc-catholique", qui continuait l'oeuvre de Léo Taxil (!), et qui portait en exergue "Contre les sociétés secrètes ou occultistes et leurs filiales". Il collaboré également à la revue "Vers l'Unité", organe de la "Droite nouvelle", en fait revue d'extrême-droite. Lisez ces lignes du grand, très grand maçon, que fut Daniel Béresniak (ce n'était pas un cuistre, n'est-ce pas cher JB31) : "Les contempteurs du monde moderne (les plus à la mode dans les milieux ésotériques sont Evola et Guénon) ne critiquent pas les forces obscures qui maintiennent l'homme dans un état archaïque. Ils critiquent les penseurs et les savants qui sont à l'origine des grandes inventions. Ils ne s'en prennent pas aux égorgeurs, il s'en prennent aux inventeurs du couteau!" (Demain le Franc-Maçonnerie). J'ajoute : la monstruosité du guénonisme sse trouve dans le fait qu'il justifie le mépris de l'humanisme. La réaction. Voire le fascisme. Robert Amadou a dit de Guénon: "sa vraie orthodoxie intellectuelle prépare en quelque sorte la "fausse restauration spirituelle", par son intellectualisme. Faudra-t-il écrire un jour "L'erreur génonienne"?". Enfin je termine par ceci: rencontrant un Grand Maître d'une importante obédience française, il y a quelques années, et parlant des "comiques" de la spiritualité, il me dit "je suis effrayé de voir le nombre de guénoniens qui viennent frapper à la porte du Temple"! Pas de rancune, j'espère? D'ailleurs la franchise est une marque de respect.

    Posté par Jacques Cécius J, 22 août 2006 à 13:14
  • comiques ?

    vous avez dit comiques ?
    je dois admettre avec vous qu'il n'en manque pas en F.M (je rapelle que je suis ET de la F.M ET des comiques) et que chez les Grands Maitres - en principe - élus par les "comiques" de base, il n'en manque pas !
    Baisers fraternels !

    Posté par loulou, 07 septembre 2006 à 13:03

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