Blog Maçonnique - Première version

Depuis le 3 novembre 2006, la nouvelle version du Blog Maçonnique se trouve à l'adresse www.hiram.be. Vous pouvez cependant continuer à commenter ces articles.

08 juillet 2006

La radicale incompatibilité entre Eglise et franc-maçonnerie

Quant Liberté politique.com, le site de la Fondation de service politique évoque l'Eglise, il entend par là l'Eglise catholique. Ce magazine en ligne s'oppose au site Croire.com, "l'aventure chrétienne au coeur du net",  qui, dans un article du 3 mai 2006 à propos des chrétiens qui s'interrogent sur l'opportunité d'appartenir à une Loge maçonnique, a donné à penser qu'ils doivent "suivre (leur) conscience".

Ce n'est pas l'opinion de Liberté Politique.com qui donne la parole à un dominicain (cf. "Eglise et franc-maçonnerie, une radicale incompatibilité"). Celui-ci rappelle l'opposition de l'Eglise catholique à la Franc-Maçonnerie, toute la Franc-Maçonnerie, "sans dérogation".

Liberté politique.com
est aussi opposé à l'entrée de la Turquie en Europe, à l'homoparentalité et assure la promotion de la Fondation Lejeune (contre l'interruption volontaire de grossesse).

Posté par jiripragman à 07:00 - Commentaires [19] - Permalien [#]

Commentaires

    catoliques et f-m

    Je vais étonner beaucoup de monde, probablement. Le dominicain a raison. Je suis d'ailleurs personnellement opposé à l'entrée de catholiques en loge. En effet, en devenant impétrants ils trahissent leur Eglise! Peut-on dès lors leur faire confiance? Dans la vie il faut savoir choisir. Il n'est pas déshonorant d'être catholique. Mais il faut être honnête avec son Eglise et avec soi-même. S'il veut communier, le catholique doit être "en état de grâce", c'est à dire qu'il doit s'être confessé s'il a commis un péché grave. Et l'Eglise considère que l'appartenance à une loge comme péché grave... Alors? Ou bien il commet un péché par omission en cachant la chose à son confesseur, ou ce dernier en commet un autre en lui donnant l'absolution malgré l'aveu de l'appartenance! Il n'en va pas de même en ce qui concerne un protestant. Celui-ci, même si l'Eglise à laquelle il appartient (méthodiste anglaise p ex.) ou évangélique, devient maçon, il n'a de comptes à rendre qu'à sa conscience et à son Dieu. Or, que je sache, Dieu n'a pas condamné la maçonnerie!!! Le protestant maçon doit cependant avertir les autorités religieuses de sa communauté de son choix. Et changer de communauté si celle-ci pousse la bètise jusqu'à le condamner.
    Les Eglise orthodoxes ont depuis longtemps, elles aussi, condamné la maçonnerie, notamment lors du Concile pan-orthodoxe d'Athènes en 1954 (si mes souvenirs sont bons). Les autorités juives ultra-orthodoxes également. La plupart des autorités islamiques itou. L'Eglise anglicane ne va pas tarder à le faire. Encore une ou deux "Conférences de Lambeth" et la chose sera faite. Il restera peut-être le Vaudou ou les adorateurs de l'oignon! (ce mouvement existe!). Beaucoup de religions acceptent mal ce qui ne vient pas d'elles. A mes amis protestants je dis "Ecoutez la voix de votre conscience". Laissez les pontifes et les fanatiques éructer contre la maçonnerie. Les pontifes et les fanatiques (même si ce derniers se reproduisent), passent. La maçonnerie reste!

    Posté par Jacques Cécius, 08 juillet 2006 à 12:37
  • Pourtant..

    Pourtant, il existe des moyens pour les catholiques de faire en sorte de pratiquer leur religion tout en étant "libre de conscience". Que ce soit à cause de leur participation à la FM ou encore parce qu'ils sont divorcés-remariés,ou encore parce qu'ils sont homosexuels. Même si les évêques disent que l'exclusion de la communion ne signifie pas une exclusion de l'Eglise...

    Ainsi comme outil on retrouve l'absolution collective, une forme du sacrement du pardon populaire au Québec, quoique pas très encouragé par le Vatican et les évêques québécois. Certains catholiques sont mal à l'aise face à la confession individuelle et préfèrent l'absolution collective, peut-être pour les raisons cités. Mais cette forme de confession est fortement utilisé, parce que le nombre de prêtres ne peut satisfaire la confession individuelle.

    Alors que les églises se vident, que le nombre de prêtres diminue rapidement, il va de soi que l'église catholique est a la croisée des chemins. La FM sera, probablement, le moindre de ses maux.

    René

    Posté par René, 08 juillet 2006 à 18:19
  • Liberté chérie

    L'initiation offre une chance rare de repartir symboliquement de zéro. Cette nouvelle naissance offre le choix d'un chemin spirituel personnel et non "imposé" par des instances humaines (politiques, sociales ou religieuses). C'est une Voie Occidentale par effet de mirroir à une Voie Orientale qui pourrait être celle du taoïsme.
    Et là, la Maç:. est "puissance" : le Maç:. n'a pas besoin de médiateur entre lui et le Ciel, il peut être ce médiateur entre la Terre et le Ciel.

    Posté par Sygma, 08 juillet 2006 à 18:20
  • Je ne suis pas de cet avis

    Bonjour à tous !

    Bonjour mon Ami Jacques,

    Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne partage pas tout à fait votre point de vue....

    Certes, je suis profane, certes je suis peut-être encore un peu "jeune", mais, selon moi, si une personne manifeste les qualités de coeur et d'esprit nécessaires pour prendre part au Travail maçonnique, je crois que la relation qu'entretient une personne avec sa religion ne regarde qu'elle...Ce qui se passe dans le Temple maçonnique ne concerne que les Maçons, de même, je pense que ce qui se passe dans le confessionnal ne regarde que le fidèle et le curé...Donc, je ne vois pas, du moins, de mon point de vue profane (et athée, je précise), pourquoi les catholiques devraient se voir barrer l'entrée en Loge, pour peu, je le répète, qu'ils sachent faire preuve de l'ouverture d'esprit requise....

    Je crois que tant qu'un candidat n'est pas intolérant ou raciste, pourquoi le rejeter pour ses opinions religieuses et la manière dont il vit sa religion ou encore la relation qu'il entretient avec son église ?

    ...Je ne veux brusquer ou manquer de respect à personne, je pose un questionnement sincère !



    Amicalement et respectueusement

    Yack (Geoffrey)

    Posté par Yack, 08 juillet 2006 à 19:07
  • Liberté chérie

    L'initiation offre une chance rare de repartir symboliquement de zéro. Cette nouvelle naissance offre le choix d'un chemin spirituel personnel et non "imposé" par des instances humaines (politiques, sociales ou religieuses). C'est une Voie Occidentale par effet de mirroir à une Voie Orientale qui pourrait être celle du taoïsme.
    Et là, la Maç:. est "puissance" : le Maç:. n'a pas besoin de médiateur entre lui et le Ciel, il peut être ce médiateur entre la Terre et le Ciel.

    Posté par Sygma, 08 juillet 2006 à 20:07
  • Revenons aux fondamentaux...

    La religion s'appuie sur la Morale, la Maç:. sur l'Ethique qui est une certaine idée du Bonheur, ici et maintenant avec de surcroît un regard décentré sur l'autre (son prochain): "Ton bonheur fait mon bonheur" est une devise que j'aime...
    Il n'est donc pas question de chercher la moralité absolue en Maç:. (nous ne sommes que des humains faillibles!); mais, par petites touches, pas à pas (Kaizen disent nos amis Japonais) orientons notre coeur pour faire "tâche d'huile" et le vaste Monde ne pourra qu'en être meilleur.
    Ah, j'oubliais : le problème de la morale, c'est que si par mégarde on se met "hors jeu", alors là on n'a que 2 solutions humainement acceptables pour s'en sortir :
    - on confesse ses écarts à un représentant d'imago paternel ce qui constitue un exemple flagrant de régression au stade infantile ("c'est pas grave, je serai puni puis je paierai pour mes fautes...")
    - on laisse la culpabilité nous ronger jusqu'au jour où on va peut être reboucler vers la première solution...

    Posté par Sygma, 08 juillet 2006 à 20:33
  • Bonjour, Jacques,

    En entrant en maçonnerie, si vraiment un catholique trahit, alors ce n'est ni son Eglise, ni sa loge, mais la position adoptée par les ministres du culte de son Eglise et par certains gardiens du Temple.

    Posté par Fredus, 08 juillet 2006 à 22:11
  • En guise de conclusion... temporaire !

    Maç:. et religion ne travaillant pas dans les mêmes registres, il n'y a pas lieu de penser que l'une puisse empièter sur l'autre. Ces deux champs d'exploration de l'Etre (ce ne sont pas les seuls) sont irréductibles et certainement pas incompatibles. Tant quelle ne s'intéresse pas à la sphère publique, la Mac:. reste affaire discrète, pas secrète. Personnellement, je trouve très bien que certains de mes F:. soient heureux également dans leur engagement religieux, ils n'en sont que plus riches.

    Si ces quelques idées peuvent enrichir le débat, j'en serai... heureux !

    Posté par Sygma, 08 juillet 2006 à 22:24
  • Tristesse

    Quelle tristesse pour moi que de lire les propos de Jacques. Je suis Franc-Maçon ET Catholique... je n'y vois guère d'incompatibilité. Tout engagement spirituel et/ou religieux est du domaine de la sphère privée... les extrémistes pourtant sont malheureusement présents dans l'un et vraisemblablement existent dans l'autre... quelle tristesse (bis) qu'un fils de la lumière puisse véhiculer un message aussi radical. Le souvenir de l'initiation et du rituel au 1er degré est-il aussi lointain ?

    Posté par MLM, 09 juillet 2006 à 00:29
  • réponse à MLJ

    Non, mes souvenirs de mon acceptation en maçonnerie sont toujours dans ma mémoire.
    Simplement j'aime le gens qui sont fidèles à l'institution dont ils font partie. Etre catholique pratiquant c'est observer les obligations de son Eglise. Si l'on ne peut, ou ne veut le faire, alors il faut la quitter pour ne pas la trahir. Dans la vie il faut faire des choix. Le Vatican affirme "je détiens la Vérité". La maçonnerie "cherchons chacun notre Vérité". Mais, cela étant, un chrétien non catholique, ou n'appartenant pas à une Eglise qui condamne la maçonnerie, a parfaitement sa place en Loge. Simplement il faut choisir : faire partie d'une institution condamnant l'Ordre et de ce même Ordre me semble pour le moins incompatible. Je veux préciser que je connais un prêtre maçon et que je le respecte, sans l'approuver. Il s'agit même d'un ami! Je suis un extrémiste? Je ne le pense pas. Je suis (je tente) de penser avec droiture. En franc-maçon - En parpaillot... en proie à la haine et aux menaces de certains de ses coreligionnaires fondamentalistes. Et à l'incompréhension de certains de ses frères maçons...

    Posté par Jacques Cécius, 09 juillet 2006 à 17:45
  • Catholicisme et F:.M:.

    Le catholicisme est une religion qui a toujours prétendu parler pour l'universalité des hommes. Il est une religion profondément messianique et prosélyte qui n'a pu se perpétuer que dans le déni permanent de l'existence d'individus pensant différemment de lui. L'Eglise se définit comme la seule religion vraie et ce depuis les pères fondateurs. Comme le dit l'expression lourde de sens, hors de l'Eglise, point de salut. Et elle ne peut être réformée dans le sens d'une plus grande ouverture et d'un plus grand relativisme doctrinal sous peine de mourir. Elle ne peut concevoir d'autres chemins vers une rédemption équivalents à celui qu'elle annonce sinon elle perd sa primauté et sa raison d'être. Catholique, catholicos, universalité. Preuve en est que Benoît XVI a mis un terme aux rencontres oecuméniques d'Assises.

    C'est la raison pour laquelle, selon moi, l'Eglise s'en est toujours pris à la franc-maçonnerie. Elle a logiquement combattu un Ordre qui lui disputait le discours sur l'universalité et qui montrait que cette universalité résidait justement dans l'acceptation des différences et dans une sorte de syncrétisme et de relativisme doctrinal. Chose absolument et définitivement incompatible avec la Doctrine de l'Eglise (Doctrine qui n'est, je le rappelle, qu'une lecture du christianisme parmi d'autres).

    Et, même si les mœurs et les attitudes évoluent, y compris au Vatican, il n'y aura jamais de concessions sur l'universalité telle que l'Eglise la conçoit et la promeut depuis ses origines. C'est pour elle, comme je l'ai dit, la condition même de son existence et de sa survie. Son intransigeance est à la mesure de sa faiblesse. Mais comme 99% des catholiques qui taillent la pierre brute ne connaissent pas la religion dont ils se réclament, ils vivent ces rappels comme des manifestations d'intolérance à leur égard, tout en prenant soin d'éviter soigneusement de considérer l'institution religieuse dont ils sont les fidèles déclarés. Et ils sont rejoints, dans leurs plaintes répétées, par d'autres maçons qui essaient généreusement de concilier l'inconciliable, c'est-à-dire de construire des ponts entre deux fidélités antagonistes. Et je ne parle même pas des maçons qui aimeraient faire de la maçonnerie une succursale vaticane et qui tentent d'ériger leurs petits scrupules de conscience en loi générale… Ben oui quoi… et si jamais tout ce que l'Eglise racontait était vrai ?… Quid de mon salut moi qui suis dans l'erreur en désobéissant aux commandements de l'Eglise ?

    Alors certes, l'Eglise n'a pas le monopole de l'intolérance. Toutes les religions sont intolérantes à des degrés divers et plus encore celles qui ont des clergés bien structurés. C'est la raison pour laquelle le cas de l'Islam est particulier. C'est la religion de la soumission à Dieu mais les sunnites, ultra majoritaires, n'ont pas de clergé. Ce qui explique qu'il n'y a pas eu de condamnations officielles de la maçonnerie ou en tout cas de condamnations qui emportent l'adhésion de la oumma (la communauté des croyants). Par contre, le chiisme qui repose entièrement sur un clergé a condamné la maçonnerie et, à l'instar de l'Eglise catholique, a affirmé l'incompatibilité entre la religion et la maçonnerie. La Grande Loge d'Iran a donc été démantelée en 1979 et les maçons pourchassés, emprisonnés, torturés ou supprimés pour la plus grande gloire d'Allah le Miséricordieux.

    J'en reviens à l'Eglise. Un dialogue avec elle est-il dès lors impossible ? Non, bien sûr. Un grand maître pourrait très bien serrer les pognes de Benoît XVI et parler avec lui de la pluie et du beau temps comme d'autres l'ont fait avec ses prédecesseurs. Le Père Ratzinger semble plutôt sympathique et je suis persuadé que, derrière son austérité de façade, se cache un esprit facétieux ouvert à bien des sujets dès lors qu'ils ne touchent pas à l'intégrité de la Doctrine de l'Eglise. Il est le Pape. Il est celui qui œuvre à la perpétuation de l'Eglise. Impossible donc de lui reprocher de refuser un dialogue sur le fond qui saperait les fondements de l'institution dont il a la charge. Il a pour lui une cohérence que bien des maçons catholiques n'ont pas. La seule alternative pour qu'un dialogue porte ses fruits est que la maçonnerie devienne catholique. Ca vous tente ?

    Par conséquent, si je considère le maçon catholique comme une espèce curieuse et sympathique, si j'en ai côtoyé des contingents en loge – et sans doute en rencontrerai-je encore à l'avenir – je ne puis cependant admettre que leur présence obéisse à je ne sais quelle normalité. Et ce n'est pas de l'intolérance de ma part. C'est principalement à cause de cette double allégeance à des formes d'universalité incompatibles . Et je puis même dire, sans généralisation excessive, que je n'ai quasiment jamais rencontré de maçons catholiques qui ont réfléchi en profondeur sur les implications de cette double fidélité. La plupart des maçons catholiques (c'est-à-dire des maçons qui se revendiquaient comme tels, voire comme catholiques pratiquants) que j'ai rencontrés et que j'ai entrepris sur ce terrain (forcément polémique car il concerne des aspects intimes de la vie spirituelle) avaient souvent des réponses à des questions qu'ils ne s'étaient jamais posées. Dans le pire des cas, ils considéraient mon approche indécente ou agressive. Les seuls que j'ai rencontrés et qui m'ont fait forte impression dans les discussions sur ce thème étaient d'anciens ecclésiastiques (anciens curés, anciens moines) qui, justement, avaient abandonné la fidélité à l'Eglise de Rome pour la fidélité à l'universalité syncrétique de l'Ordre maçonnique. Ils se disaient chrétiens mais certainement pas catholiques. Voire maçons spéculatifs. Tout simplement.

    Posté par Tbkn, 09 juillet 2006 à 20:32
  • Bonjour à tous,

    Je suis étonné par la véhémence inhabituelle de la première intervention de notre TCF Jacques. Cela revient à dire "Tu es catholique, tu n'as rien à faire en maçonnerie; par contre, si tu es protestant, même si cela t'est interdit, soit le bienvenu". Je pense que de doute façon un catholique pur et dur n'aurait pas même le soupçon du début de l'idée de venir chez nous. Par contre, celui qui considère que son attachement au catholicisme relève plus d'une affaire de conscience ne se sentira pas empêché de se joindre à nous.

    Quant à trouver le "Père Ratzinger" plutôt sympathique (sic) et qu'il cache un esprit facétieux (re-sic), comme le pense Tbkn... Mouais... Rappelons tout de même qu'il a écrit que "les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave" et qu'il fut, avant son pontificat, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (anciennement Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle).

    Posté par Stéphane, 10 juillet 2006 à 08:15
  • Adhérence encore exigée?

    N'est-il pas intéressant à observer que, dans certains rites FM, la prefession de foi exotérique au christianisme trinitaire est encore exigée des candidats, au moins à certains grades? Ceci malgré les positions très nettes des églises chrétiennes largement majoritaires depuis longtemps que l'appartenance à la FM est incompatabile avec la foi chrétienne.

    Il ne semble pas très cohérent d'exiger une adhérence au christianisme et en même temps de conduire le candidat à l'exclusion potentielle des mêmes institutions aux croyances desquelles il est obligé à déclarer sa foi.

    (Voir: "Guide pratique de la Franc-maçonnerie" par Jean Solis)

    Posté par xul, 10 juillet 2006 à 08:37
  • Une petite précision

    Quand j’écris que Benoît XVI me semble un homme sympathique et à l’esprit facétieux, c’est à prendre au second degré. Ca veut dire que derrière la fonction, il y a un individu qui n’est certainement pas dépourvu d’affects et avec lequel je ne vois pas pourquoi il serait impossible de discuter de tout sauf de ce qui fait l’unité et la spécificité de l’Eglise. Il n’en demeure pas moins qu’il est Pape et qu’on ne peut lui reprocher de se conduire comme tel, c’est-à-dire en gardien du dogme, et de réaffirmer la cohérence doctrinale de l’Eglise. Si cela dérange certains catholiques, de surcroît francs-maçons, que ces derniers s’interrogent alors sur le sens de leur double fidélité au lieu d’en faire une question de « libre examen » ou de « libre arbitre » (notions étrangères au catholicisme). L'interprétation du texte et des doctrines doit passer par la médiation d'un ecclésiastique ou d'un diacre ou d'une nonne. Lui seul est habilité à le commenter et à l'enseigner.

    Il y a des maçons qui se déclarent de confession catholique. C’est un fait. Mais leur catholicisme est en réalité celui de beaucoup de nos concitoyens, à savoir un catholicisme sociologique ou d’étiquette qui exprime, en réalité, un déisme tranquille rebelle aux structures rigides de l’Eglise. S’ils étaient aussi catholiques qu’ils le prétendent, ils devraient alors accepter les positions de l’Eglise sur des questions aussi diverses que, par exemple, l’interdiction de l’avortement et des moyens contraceptifs. Et cautionner l’appui ostensible que le Pape apporte au clergé espagnol en ce moment même, clergé qui, manifestement, n’a jamais véritablement rompu avec ses attaches franquistes.

    Contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre, le jugement de l’Eglise demeure négatif sur la franc-maçonnerie et l’excommunication est maintenue latae sententiae et non plus expressis verbis.

    Le fait que l’appartenance à la franc-maçonnerie ne soit plus expressément mentionnée comme cause d’excommunication en droit canonique ne signifie pas qu’il n’y a plus d’excommunication implicite. Le Pape actuel, du temps où il était encore Cardinal et Préfet de Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a eu l’occasion de rappeler que les francs-maçons étaient en état de péché grave et qu’ils ne pouvaient donc recevoir la sainte communion. Ils restent donc en dehors de la communion. Ils sont donc excommuniés sans qu’il soit besoin de le rappeler expressément puisqu’ils ne peuvent participer au sacrifice de toute l’Eglise.

    Je comprends que cela puisse causer quelques désagréments aux catholiques d’étiquette qui se retrouvent dans les loges mais la résolution de ces questions ne dépendra jamais d’eux mais du Pape et de la Curie romaine.

    Qu'ils se disent chrétiens, pourquoi pas si ça peut leur faire plaisir... Mais catholiques, non.

    Posté par Tbkn, 10 juillet 2006 à 15:01
  • réponse à Stéphane

    Où donc ais-je écris qu'un protestant, même si son Eglise condamne la maçonnerie peut adhérer à celle-ci? Non, il doit, comme le catholique, faire un choix. Lorsque l'Internationale communiste a déclaré incompatible l'adhésion au parti et à la maçonnerie, des frères comme Ludovic Oscar Frossard ont quitté le parti. D'autres, comme Cachin, ont quitté la maçonnerie. Ils voulaient être logiques, et ne rien cacher, ni au parti ni à la loge.

    Posté par Jacques Cécius, 10 juillet 2006 à 15:59
  • Que reste-t-il au final ? Des hommes et des femmes qui font un choix respectable, quel qu'il soit, en toute conscience.

    Je reste persuadé que l'appartenance à une Eglise, peu importe laquelle, ne doit pas constituer une entrave à l'adhésion. Tout au plus peut-on (doit-on ?) mettre en garde le candidat du "danger" de la double appartenance.

    Posté par Stéphane, 11 juillet 2006 à 08:01
  • Compétences et solution

    Personne ne devrait être surprise par l'attitude presque unanime de toutes les grandes organisations de pleusiers religions: l'adhésion à la FM n'est pas compatible avec l'appartenance à une religion. Du point de vue théologique qui n'admet pas une perspective initiatique-métaphysique, ces prises de position sont tout à fait cohérentes.

    La "solution" est bien simple et connue: pratique et sauvegarde du secret de l'appartenance à l'Ordre FM. Les deux faces d'une médaille ne se touchent pas et ne se dérangent point. En connaissances de ces choses, un FM de confession exotérique pronant une incompatibilité peut en toute tranquilité de conscience participer aux rituels ésotériques et exotériques respectifs. Pour lui en qualité d'initié, l'incompatibilité s'est transformée en rapports complémentaires et hiérarchiques. Il n'y a là un "problème" que pour ceux dont l'horizon se borne à la, ou plutôt une, théologie. Et peut-être pour ceux qui n'arrivent pas (encore) entièrement à déposer leur perspectives théologiques devant la porte du Temple.

    Posté par xul, 11 juillet 2006 à 09:32
  • Juste une question de vocabulaire et de concepts

    Bonjour à tous,

    De mon humble avis, je pense qu'il faut surtout remettre le concept "d'appartenance" dans sa véritable perspective, surtout en ce qui concerne les églises :

    -Finalement, qu'est-ce que appartenir à une église ?

    Amicalement et respectueusement

    Yack (Geoffrey)
    Je pense que les personnes qui adhèrent à telle ou telle église, au final, y adhèrent surtout pour la philosophie et l'idéologie à laquelle est rattachée cette église...Et en général, soyons honnêtes, chacun y prend ce qui lui convient et laisse de côté les choses ne pouvant être personnellement assumées !!!

    Est-ce un mal ?
    Absolument pas, tant que la personne demeure consciente de ses choix et ne prêche pas des principes qu'elle n'applique pas à elle même !

    Car si je suis le point de vue de mon Ami Jacques, selon lequel "dans la vie, il faut faire des choix", alors, quand vient la question d'appartenance à une église catholique, voici ce que doivent laisser tomber les catholiques (puisqu'ils ont fait un choix) :

    -Le sexe pour le plaisir ou avant la mariage (que celui qui n'a pas profité de sa vie d'étudiant jette la première pierre ! )
    -Manger pour le plaisir (gourmandise)
    -La richesse (vivre humblement, même si nous travaillons comme des acharnés et sommes payés en conséquence pour notre travail)
    -Etre fan d'un chanteur, d'un joueur de foot et des t-shirts et afficher des posters à leurs éffigies (idôlatrie)

    ....Et j'en passe !

    Est-ce que les catholiques s'accordant les plaisirs précités sont-ils autant de mauvais catholiques pour autant ?

    Même si je ne suis pas croyant, je pense que ces personnes ne sont pas pour autant condamnables du point de vue catholique !

    Je crois ce qui importe surtout, c'est le dévelloppement spirituel et moral que leur apporte la religion, et tant que certaines "dérogations" ne constituent pas un obstacle à ce dévelloppement, je ne vois pas trop où est le problème !!!

    Je crois donc que le même raisonnement peu s'appliquer à la Franc-Maçonnerie ou à toute autre organisation similaire....Car, au final, si une Loge barre l'entrée à un Catholique sous la banière de "l'incompatibilité" et sans autre forme de procès, elle ne fait qu'adopter la même position que les églises catholiques...Et, est-ce bien le rôle de la Maçonnerie de diffuser les messages de l'église ?

    ...En tant que profance, je vous pose la question !

    Vous savez mes Amis, en tant que jeune profane, c'est pourtant une des choses qui me plait le plus dans la Maçonnerie...Le Libre examen et la Liberté de Pensée !!!

    Combattre le rejet par le rejet, est-ce bien là la solution ?

    Posté par Yack, 11 juillet 2006 à 12:37
  • Juridictions différentes?

    Y a-t-il des FM qui pensent appliquer le droit canonique par exemple de l'Église Catholique Romaine en Loge afin de déterminer la qualification d'un candidat à l'initiation?

    Ne s'agit-il pas de juridictions bien séparées et distinctes?

    Comme tout autre, un candidat catholique devrait être capable de gérer sa vie initiatique et religieuse dans leurs propres domaines d'applications.

    Posté par xul, 11 juillet 2006 à 17:05

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