Blog Maçonnique - Première version

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30 mai 2006

Etre Franc-Maçon en Isère en 1940

is_re_franc_ma_on_1940Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère (www.resistance-en-isere.fr) et la Maison des Droits de l'Homme organisent à Grenoble une exposition sur le thème "Etre Franc-Maçon en Isère en 1940" (jusqu'au 19 mars 2007).

En mai 2005, la loge grenobloise de l’Alliance Ecossaise remettait aux Archives départementales de l’Isère un fonds d’archives préfectorales de l’Isère, relatives à la francmaçonnerie, entre 1940 et 1944. Un pan peu connu de l’histoire de l’Isère sous le gouvernement de Vichy ressurgit alors. Ces archives renseignent en effet la mise en application de la loi du 13 août 1940. Relative aux sociétés secrètes, cette loi prévoit la dissolution immédiate des loges maçonniques, la vente de leurs biens et la révocation des francs-maçons fonctionnaires. Pour Pétain et les tenants de la Révolution Nationale, la figure du franc-maçon forme avec celles du communiste, du Juif et de l'Etranger cette "Anti-France", responsable de tous les maux.

Ces documents résultent notamment de l'application des lois votées par le régime de Vichy à l'encontre des "sociétés secrètes" :

  • la loi du 13 août 1940 qui prescrit la dissolution des loges maçonniques, la mise sous séquestre et la vente de leurs biens. De plus, elle oblige les fonctionnaires et agents publics à rompre toute attache avec les loges dissoutes et leur interdit de s'y affilier si elles venaient à se reconstituer;
  • la loi du 11 août 1941 qui instaure la publication de listes de Francs-Maçons au Journal Officiel et prévoit la démission d'office pour les fonctionnaires ayant occupé des chargesimportantes dans la Franc-Maçonnerie;
  • la loi du 10 novembre 1941 qui institue une commission spéciale des sociétés secrètes, chargée d'examiner les demandes de dérogation à la loi du 11 août 1941 formulées parles fonctionnaires révoqués.

Comment, en Isère, furent dissoutes et interdites les loges maçonniques ? Qui étaient et que représentaient ces Francs-Maçons soudainement spoliés ? Quel fut leur engagement dans la Résistance et quelle portée continue d’avoir aujourd’hui leurs travaux et leur réflexion ? L'exposition "Etre Franc-Maçon en Isère en 1940" tente d'apporter des réponses à ces questions et de contribuer par la restitution d'un épisode pénible de son histoire, à une connaissance de la Franc-Maçonnerie débarrassée de tout préjugé.

C’est par la présentation des symboles maçonniques que s’ouvre l’exposition. L’équerre, le compas, la truelle, le triangle et les étoiles, la signification des chiffres 3, 5 et 7, permettent d’appréhender une part du fonctionnement maçonnique. Le secret, ou plutôt le retrait, dans lequel opère la Franc-Maçonnerie est également évoqué très tôt : "Le secret maçonnique s’explique par la nécessité de garder aux travaux la
discrétion indispensable à leur poursuite sereine à l’abri de l’agitation du monde, il traduit aussi l’impossibilité d’expliquer à l’extérieur une réalité incompréhensible au profane"
. Et c’est ici également que sont présentées les caisses des archives remises récemment aux Archives départementales de l'Isère, à l’origine de cette exposition. La suite de la visite est consacrée à l’histoire de la Franc-Maçonnerie, parfois complexe. A
travers le discours de Charles Mangin, les bustes de Francs-Maçons célèbres, les diplômes maçonniques, ce sont le rôle et l’évolution de la Franc-Maçonnerie avant la Seconde Guerre mondiale qui se dessinent ici. La double offensive (celle de Vichy et de l’occupant) dont elle fut ensuite victime dès l’été 1940 est rappelée grâce aux documents témoignant des liquidations de loges, des ventes de biens, de mises sous scellé. Autant d’attaques faites en Isère à près de 2.500 maçons. Une répression qui n’alla pas sans provoquer nombre d’engagements dans la Résistance, et qui est évoquée ici à travers plusieurs figures emblématiques, parmi lesquelles Léon Perrier, Andry-Farçy, Léon Martin, Lucien Hussel, Louis Reverdy,... C’est enfin au rôle et
à la place de la Franc-Maçonnerie actuelle qu’est dédiée la dernière partie de l’exposition.

L'exposition s'accompagne d'un dossier pédagogique et d'un ouvrage collectif rédigé sous la direction de Jean-Claude Duclos (Editions du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, 2006, 110 pp.n 18 euros).

Parallèlement, un cycle de conférences est proposé aux Archives départementales de l'Isère (2, rue Auguste Prudhomme à Grenoble) :

  • Histoire de la franc-maçonnerie (jeudi 19 octobre 2006 à 18h30)par Roger Dachez, historien de la franc-maçonnerie, président de l'Institut maçonnique de France
  • La propagande antimaçonnique de Vichy : le film Forces occultes (jeudi 16 novembre 2006 à 18h30) par Roger Viry-Babel, professeur des Universités (Institut européen du cinéma et de l'Audiovisuel, Université de Nancy 2), producteur et réalisateur de films.
  • La Franc-Maçonnerie iséroise, de la IIIe République à l'Etat français (jeudi 18 janvier 2007 à 18h30) par Gil Emprin, professeur agrégé d'histoire, responsable du service éducatif du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
  • La Franc-Maçonnerie pendant l'Occupation (jeudi 8 février 2007 à 18h30) par André Combes, président de l'Institut d'études et de recherches maçonniques, auteurde nombreux ouvrages sur la Franc-Maçonnerie

Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère/Maison des Droits de l’Homme
14, rue Hébert 38000 Grenoble
Tél. +33 (0)4 76 42 38 53 - fax +33 (0)4 76 42 55 89
E-mail : infos@resistance-en-isere.fr
Site web : www.resistance-en-isere.fr

L’entrée du musée est gratuite. Visite guidée gratuite le 1er dimanche du mois à 14h30.

Posté par jiripragman à 07:00 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Etre maçon en 1940

    Nos antimaçons rêvent d'en revenir à une telle situation. Les ennemis de l'extrême-droite restent les mêmes (voir Maurras) : les juifs, les communistes (et la gauche en général), les protestants, et bien sûr les francs macs. C'est pourquoi ces derniers doivent participer à toute action contre l'extrême-droite, à titre personnel, c'est la moindre des choses, mais les obédiences doivent faire de même et ne pas se contenter de "se chatouiller pour se faire rire", comme on dit chez nous en Wallonie.

    Posté par Jacques Cécius, 30 mai 2006 à 10:53
  • Je suis d'accord le sens de vos propos mon F Jacques.

    Cependant, il ne faudrait pas faire preuve de préjugés nous même en nous laissant croire que le monopole de l'ignorance, qui est la source de bien des absurdités, n'est que d'un coté.

    René

    Posté par René, 30 mai 2006 à 23:39
  • réponse à rené

    Vrai ! Hélas je connais quelques rares maçon(ne)s qui n'ont pas inventé le fil à couper le beurre... Mais, Dieu merci, il y a tous les cherchants, et ils sont plus nombreux que parfois nous le croyons parce qu'un certain nombre de soeurs et de frères sont indifférents.
    Salut et Fraternité, René.

    Posté par Jacques Cécius, 01 juin 2006 à 08:43
  • grenoble

    je rentre de Grenoble pour des raisons profanes, avant de m'y rendre j'avais pris connaissance de cette exposition; si vous le pouvez déplacez vous! allez voir un beau travail. Des explications simples, des documents et archives de qualité. Le reste du Musée est à l'echelle.

    Posté par alain, 03 juin 2006 à 19:16

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